Départ  0

Principe  1
Dispositif  2
Contenu  3
Conclusion  4

Réactions  5

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Départ  0

Principe  1
Dispositif  2
Contenu  3
Conclusion  4

Réactions  5






> La Place d’Italie
est au xviiie siècle une place née spontanément à un carrefour stratégique situé le long du mur des Fermiers Généraux, reliant Denfert à Austerlitz et menant à Fontainebleau. C’est depuis le début une place de trafic, et toutes les tentatives jusqu’en 1877 pour en faire une place monumentale, à l’instar de la Nation et de l’Étoile, sont des échecs. Haussman, qui voulait d’ailleurs en faire « l’Étoile du peuple », achève le tracé circulaire sans parvenir à harmoniser la périphérie. D’une part la structure convexe de la place ne permet aucune perspective pour les boulevards, et d’autre part la vallée de la bièvre à l’ouest empêche les percées franches et régulières. Les travaux successifs jusqu’à la gigantesque restructuration de 1956 à 1972 la rendront complètement irrégulière, créant notamment une rupture entre les immeubles bourgeois du nord et les tours hlm du sud. C’est justement pour tenter de ménager une transition entre ces deux pôles qu’en 1991 l’architecte Kenzo Tange conçoit le Grand Écran, vaste complexe audiovisuel dont la façade arrondie accompagne le tracé circulaire de la place.


> Aujourd’hui
la Place d’Italie est le cœur du xiiie arrondissement. On y trouve tout: centre commercial, cinéma, mairie, bibliothèque, banques, cafés, restaurants, marché, etc. Et pourtant, l’endroit ne répond pas à ce que l’on attend d’une place. C’est un espace fuyant, un couloir. Le trafic extrêmement dense crée une force centrifuge qui repousse le piéton vers le bord, à la manière d’un flipper.


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> Le square central,
par contraste, est un havre de paix. Circulaire lui aussi, il est occupé en son centre par une fontaine située en contrebas par rapport à la chaussée. Cette différence de niveau crée une isolation sonore assez efficace pour atténuer le brouhaha de la ville, et confère au lieu un caractère étrange et singulier. Bien qu’au plus fort de l’été ses pelouses se couvrent de parisiens détendus au soleil, le square reste assez peu fréquenté la plupart du temps. Comme si l’anneau de voitures avait à force de tourner creusé un vide en son centre. Ce vide est en quelque sorte le contrepoids de l’agitation du pourtour de la place. Et sa position centrale en fait un point d’observation de la ville en train de se faire. C’est le lieu de la mise en abyme, autour duquel 360° de ville s’étalent, prêt pour l’analyse et le questionnement.

> Le principe du projet
est de donner la possibilité aux gens d’explorer la Place d’Italie depuis cet œil central, de leur permettre d’appréhender différemment l’espace urbain en étant pour un instant spectateurs de leur ville. Cette relation directe au réel s’inspire du principe des tables d’orientation, telles qu’on peut en trouver dans les parcs naturels. Situées devant un panorama intéressant, elles renseignent le promeneur sur sa propre situation géographique par rapport au paysage qu’il a sous les yeux, et lui permettent de repérer facilement et directement les éléments importants. De la même manière le but du projet est de proposer un va-et-vient entre la réalité et sa représentation. C’est la raison pour laquelle le dispositif, qui sera détaillé en 2, est installé au cœur même de la place.
La démarche s’inscrit dans un processus évènementiel: on imagine qu’à un moment donné dans l’année, La mairie du xiiie décide de sensibiliser les habitants à leur rapport avec cet espace qui occupe une place prépondérante dans leur quotidien.